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Née à Lisbonne en 1966, immigrée en France après la révolution des œillets en 1974, Cécile Filipe peint et dessine depuis son enfance. Architecte d’intérieur jusqu’en 2006, elle se consacre exclusivement à la peinture depuis cette date. Vit et travaille à Paris. |
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ACTE I Paris - New York - Londres - Berlin - Amsterdam - Lisbonne - Buenos Aires - Tokyo
Cécile Filipe sillonne les grandes villes du monde. Inlassablement elle parcourt rues et ruelles jusqu’à s’y perdre. Les quartiers populaires l’attirent et la séduisent, ils se livrent de façon brute et sans fard provoquant un attachement immédiat. Elle affectionne aussi tous les lieux industriels, chantiers, usines, zones portuaires. Dans sa mémoire et son objectif, elle capture les traces et les histoires que livrent ces fragments de murs décrépis et habités, ces trottoirs bombés et usés et ces plafonds emmêlés de fils électriques. Cette toile urbaine l’inspire et l’émeut.
ACTE II Gennevilliers - Direction technique de l’affichage parisien - Décharge à papier
Son sanctuaire où elle se rend de façon régulière afin de récolter sa matière première et gratuite : le papier. La sélection se fait de façon méthodique, selon le graphisme, les teintes et en fonction des images et des histoires recueillies lors de ses périples urbains.
ACTE III Créer l’œuvre émotionnelle à partir d’éléments dits « pauvres »
L’inspiration naît de ces deux rencontres ACTE I & ACTE I I. Confrontés l’un à l’autre ils génèrent un choc émotionnel et esthétique et de façon purement intuitive, à partir d’une technique mixte associant peinture acrylique, pigments purs et collages, Cécile Filipe tisse ses liens.
Cécile Filipe puise toute son énergie et son inspiration de son passé d’architecte et de son enfance Lisboète. Ses compositions instinctives, épurées et urbaines nous ramènent à sa mémoire empreinte de douce tristesse et de désir : la saudade. Lembrança triste et suave de pessoas ou coisas distantes ou extintas, acompanhada do desejo de as tornar a ver ou a possuir / Souvenir triste et doux de personnes ou de choses éloignées ou disparues, accompagné du désir de les revoir ou de les posséder de nouveau. Sa peinture est forte, incisive et sans compromis elle nous transporte et nous bouleverse. L’œuvre fait appel à la mémoire, aux souvenirs et éveille en nous un sentiment enfoui, une émotion qui nous submerge. Son travail sur la matière, en transparence est constitué de couches picturales et de collages successifs, usés, arrachés, mots évoqués, traces, fils suspendus, lumière taillée à la serpe. Cécile Filipe joue avec le visible et le caché, tout est suggéré, rien n’est dit, extrême sensibilité et émotion pure, son travail nous imprègne et finit par nous habiter complètement.
Ana Monteiro de Oliveira (Décembre 2007)
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